Vous l’avez sans doute remarquée certains soirs à l’ouest ou certains matins à l’est : Vénus est un véritable phare qui surpasse l’éclat des étoiles et des autres planètes… à tel point que certains la prennent pour un OVNI ! Souvent appelée étoile du Berger bien qu’il s’agisse d’une planète, Vénus porte le nom de la déesse romaine de l’amour et de la beauté. Il est vrai que son éclat fascine et subjugue…

L’éclat de Vénus est remarquable même lorsque la nuit n’est pas totale. Ici, au dessus du canal d’Agen, on la repère facilement sous le croissant de Lune.
Image : Emmanuel Linden – Concours photo Stelvision

Vénus : l’astre le plus brillant après la Lune et le Soleil !

La planète Vénus est vivement éclairée par le Soleil dont elle est assez proche. Comme elle est entièrement recouverte d’une couche de nuages clairs, elle nous renvoie une bonne partie de la lumière qu’elle reçoit, ce qui explique son éclat singulier.

Pour les familiers de l’échelle des magnitudes, qui caractérise l’éclat des astres, Vénus descend fréquemment en dessous de la magnitude -4. Une luminosité qui surpasse nettement Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, dont la magnitude est de -1,5 (les nombres petits ou négatifs indiquent un fort éclat).

Ne pas confondre…
Il peut arriver que l’on confonde Vénus avec Jupiter, la plus grosse planète du Système solaire. Celle-ci domine également les étoiles quand elle est visible. Mais comme elle est plus lointaine, son éclat n’atteint pas celui de Vénus.
On peut aussi la confondre un instant avec un avion, la Station spatiale internationale ou certains satellites artificiels brillants mais pour faire la différence, n’oubliez pas que ces objets bougent rapidement dans le ciel, alors que Vénus semble fixe.

Pourquoi Vénus est-elle appelée l’étoile du Berger ?

Vénus brille si intensément que lorsqu’elle est visible, c’est la première “étoile” à apparaître dans le ciel après le coucher du Soleil ou au contraire la dernière à disparaître à l’aube. On peut donc supposer que les bergers ont toujours été très familiers de cet astre particulier qui marque le début ou la fin de la journée avec leur troupeau.

À l’œil nu, son aspect est celui d’une étoile même s’il s’agit bien d’une planète : contrairement aux étoiles qui émettent leur propre lumière, Vénus réfléchit celle du Soleil.

Photo de Vénus le soir avec la lune qui se couche
Alors que le Soleil vient de se coucher et que la Lune fait de même, l’éclat de Vénus domine le crépuscule.
Image : Thierry Demange – concours photo Stelvision

L’étoile du Berger et l’étoile Polaire ont-elles un rapport ?
Non ! L’étoile du Berger n’a rien à voir avec l’étoile Polaire, cet astre ami des navigateurs parce qu’il indique le nord. D’ailleurs l’étoile Polaire n’est pas particulièrement brillante.

Voit-on toujours Vénus dans le ciel ?

Vénus est la deuxième planète la plus proche du Soleil, alors que la Terre est en troisième position. Cette configuration fait qu’il nous est impossible de la voir en milieu de nuit : dans notre ciel, Vénus suit ou précède de près le Soleil dans sa course et tour à tour, n’est visible qu’en début ou en fin de nuit.

S’écarter suffisamment du Soleil

Suivant la position de Vénus et de la Terre sur leurs orbites respectives, l’écart apparent (appelée élongation) entre le Soleil et Vénus nous apparaît variable.

Vu depuis la Terre, l’angle (appelé élongation) entre Vénus et le Soleil varie au fil des semaines.

Si l’élongation est petite, Vénus est près du Soleil : lorsque ce dernier est couché, la planète l’est aussi ou alors elle est proche de l’horizon, si bien que les arbres ou les immeubles nous empêchent parfois de la voir.
Au contraire, lorsque l’élongation est grande, Vénus s’écarte du Soleil : elle est plus haute dans le ciel lorsque le Soleil est couché et l’observation est plus facile et intéressante. C’est pourquoi les périodes favorables sont à chercher dans les quelques mois qui entourent les dates dites d’élongation maximale.

Les positions remarquables de Vénus lorsqu’elle est vue depuis la Terre.

Observer Vénus

À l’œil nu

Chaque année, une ou deux périodes de quelques mois nous permettent d’observer Vénus dans des conditions favorables :

  • soit juste après le coucher du Soleil (quand elle est “du soir”) ; la planète se couche alors après le Soleil et se recherche vers l’ouest ;
  • soit juste avant son lever (quand elle est “du matin”) ; Vénus se lève alors avant le Soleil et se recherche vers l’est.
Le fin croissant de Lune et Vénus sont ici magnifiquement mis en valeur par un avant-plan de feuillage.
Image : Louis Rouxel – Concours photo Stelvision

Vénus en 2020

Vénus est visible dans le ciel du soir jusqu’à la fin du mois de mai. Son élongation augmente progressivement jusqu’à son maximum le 24 mars. En conséquence, la planète s’élève chaque soir davantage au-dessus de l’horizon sud-ouest puis ouest et son éclat devient de plus en plus intense. Courant avril, Vénus est visible durant plus de trois heures et demie après le coucher du Soleil et à la fin de ce mois, elle atteint son éclat maximal (magnitude -4,7).

Puis son écart avec le Soleil diminue rapidement et les derniers jours de mai la voient se perdre très rapidement dans les lueurs du couchant.

La période suivante pour l’observer débute dès juillet dans le ciel du matin et dure jusqu’à fin décembre. Elle se situe haut dans le ciel avant le lever du Soleil de début août à mi-novembre et son élongation maximale a lieu le 13 août.

Les plus belles occasions pour observer Vénus en 2020

L’éclat de Vénus est en soi un spectacle qui ne nécessite aucun instrument pour être apprécié. Mais il est magnifié lorsque l’astre se rapproche de la Lune ou d’autres planètes, créant un tableau particulièrement esthétique, surtout lorsque le crépuscule se pare d’un beau dégradé coloré.

  • Le 24 mars, Vénus atteint sa plus grande élongation dans le ciel du soir et reste visible durant plus de quatre heures aux latitudes de la France métropolitaine. Les 28 et 29 mars, la Lune se joint à la planète pour saluer les constellations d’hiver.
Vénus dans les Pléiades les 2, 3 et 4 avril.
  • Les 21 et 22 mai, Vénus et Mercure se croisent dans le crépuscule à l’horizon nord-ouest. Deux jours plus tard, le 24 mai, les deux planètes forment un joli trio avec le très fin croissant de Lune âgé d’à peine deux jours.
  • Au matin du 17 juillet, le fin croissant Lune retrouve encore Vénus tout près de l’amas ouvert des Hyades et de l’étoile orangée Aldébaran.
  • Le 23 juillet en fin de nuit, Vénus participe à un moment rare : toutes les planètes sont visibles en même temps dans le ciel !
  • Au petit matin du 14 septembre, Vénus et le fin de croissant de Lune se retrouvent à nouveau au-dessus de l’horizon est.
  • Enfin, du 5 au 25 novembre, Mercure et Vénus sont visibles ensemble le matin au sud-est, avec une petite visite du très fin croissant de Lune entre les deux planètes le 13 novembre.
Vénus et le fin croissant de Lune près d’un clocher occitan.
Image : Carine Souplet

Suivez les déplacements de Vénus

Vénus est-elle vraiment fixe dans le ciel ? Oui si l’observation ne dure que quelques minutes ; mais la rotation de la Terre sur elle-même entraîne Vénus dans un mouvement apparent d’est en ouest, comme tous les autres astres du ciel ! Et en raison de sa course autour du Soleil, Vénus se déplace aussi par rapport aux étoiles et aux autres planètes au fil du temps. Amusez-vous d’ailleurs à relever sa position chaque semaine en comparaison d’étoiles bien visibles et proches : vous serez surpris par sa vitesse de déplacement !

Avec un instrument

Un instrument même modeste révèle immédiatement que Vénus n’a pas l’aspect ponctuel d’une étoile. La planète apparaît sous la forme d’un disque ou d’un croissant, ce qui est amusant à voir, car on dirait une Lune miniature !

Du côté de la surface, il n’y a malheureusement pas grand-chose à voir : Vénus est constamment recouverte de nuages blancs et sans détails significatifs.

Découvrir les phases de Vénus au fil des mois

Le croissant de Vénus photographié en 2017 par un astronome amateur.
Image : Éric Matern – Concours photo Stelvision

Comme pour la Lune, Vénus présente des phases : croissant, quartier, Vénus gibbeuse. Il est cependant délicat de voir une “pleine Vénus” car le disque de la planète ne nous apparaît entièrement éclairé que quand celle-ci se trouve de l’autre côté du Soleil par rapport à la Terre : l’observation est alors impossible.

Il est intéressant de surveiller l’évolution des phases de Vénus au fil des mois, notamment quand le croissant commence à devenir fin. On peut aussi remarquer que la taille apparente de Vénus change significativement au fil des semaines : le croissant devient plus grand à mesure qu’il s’affine, ceci en raison des grandes variations de distance entre Vénus et la Terre.

L’astronome amateur Stéphane Gonzales a compilé de nombreuses photos prises en 2015 pour reconstituer l’évolution de Vénus sur plusieurs mois. Les photos ont été disposées en arc de cercle ce qui permet de comprendre ses changements de taille et d’aspect : imaginez le Soleil au milieu de l’anneau, il éclaire Vénus sous différents angles vus de la Terre. Quand Vénus se rapproche de nous, son diamètre apparent devient plus grand mais en même temps le croissant s’affine.
L’astronome amateur Stéphane Gonzales a compilé de nombreuses photos prises en 2015 pour reconstituer l’évolution de Vénus sur plusieurs mois. Les photos ont été disposées en arc de cercle ce qui permet de comprendre ses changements de taille et d’aspect : imaginez le Soleil au milieu de l’anneau, il éclaire Vénus sous différents angles vus de la Terre. Quand Vénus se rapproche de nous, son diamètre apparent devient plus grand mais en même temps le croissant s’affine.

Observer les croissants de Vénus en 2020
En 2020, deux périodes sont particulièrement intéressantes pour observer les phases de Vénus. La première se déroule le soir de début avril à fin mai, la planète passe alors d’un beau quartier à un croissant de plus en plus fin et de plus en plus grand. La seconde période commence début juillet alors que la planète réapparaît sous l’aspect d’un grand et fin croissant, qui s’épaissit jusqu’au quartier à la mi-août 2020. Les semaines suivantes, Vénus devient progressivement gibbeuse et de plus en plus ronde, en même temps que sa taille apparente diminue considérablement.

Vénus c’est quoi ?

Vénus est une planète rocheuse (on dit aussi tellurique) souvent comparée à la Terre car sa composition chimique est proche. Ses paysages comportent des plaines, des montagnes, des volcans… Elle a aussi presque la même taille que notre planète : son diamètre est de 12 104 kilomètres, soit 0,95 fois celui de la Terre.

Image de la surface désolée de Vénus, prise par la sonde soviétique Venera 13 en 1982.
Les conditions infernales à la surface de Vénus rendent son exploration très difficile. Les photos de sa surface sont donc très rares. Celle-ci a été prise par la sonde soviétique Venera 13 en 1982.

Mais la ressemblance s’arrête là car il règne sur Vénus des conditions infernales. Non seulement la température approche les 500 °C en raison d’un intense effet de serre, mais son atmosphère est un mélange particulièrement irrespirable : essentiellement du dioxyde de carbone et de l’azote, le tout agrémenté d’un peu d’acide sulfurique, d’acide chlorhydrique ou encore de soufre… De quoi être dissuadé de la visiter un jour !

Pour en savoir plus, découvrez notre article La sulfureuse Vénus n’a pas livré tous ses secrets.

Par Bertrand d’Armagnac et Carine Souplet – Mise à jour mars 2020